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Douze technologies de rupture avant 2025

Auteur: Raphaël Danjou

Le défi des données volumineuses touche le tiers des technologies de demain

L’avenir ne nous est pas inconnu : il s’inscrit dans le prolongement de ce que nous vivons et pouvons observer aujourd’hui. Encore faut-il réaliser les bonnes connexions… C’est ce que s’évertue à faire le McKinsey Global Institute en publiant « Disruptive technologies: Advances that will transform life, business, and the global economy », où 12 technologies sont présentées comme ayant potentiellement le plus d’impact sur l’économie : de 14 à 33 billions (mille milliards) de dollars par année jusqu’en 2025, en prenant en compte les effets sur la consommation, l’environnement et la santé.

Internet mobileDes outils mobiles plus performants, moins chers et une connectivité accrue
Automatisation de la gestion des connaissancesDes systèmes et logiciels intelligents, capables de comprendre l’information non structurée, d’organiser la connaissance et prendre des décisions
Internet des objetsUn réseau interconnecté de capteurs et de collecteurs de données peu coûteux, pour surveiller, choisir et optimiser les processus
InfonuagiqueUtilisation de matériel et de logiciels à travers un réseau ou Internet, souvent à la demande
Robotique avancéeDes robots aux sens, à la dextérité et à l’intelligence avancés, pour automatiser des tâches et aider l’humain
Véhicules autoguidésDes véhicules opérant sans ou presque sans intervention humaine
Génomique nouvelle générationSéquençage génétique rapide et économique, couplé à l’analyse de données volumineuses et à la biologie synthétique (coder l’ADN)
Conservation énergétiqueAppareils et systèmes capables de stocker de l’énergie pour une utilisation ultérieure
Impression en 3DCréation d’objets réels par couches additives à partir de modèles numériques
Matériaux avancésMatériaux aux caractéristiques supérieures (poids, résistance, conduction, etc.)
Exploitation avancée en gaz et pétroleRentabiliser les extractions non conventionnelles
Énergies renouvelablesProduction d’électricité à partir de sources renouvelables, à l’impact environnemental réduit

 

Toutes ces technologies ne présentent pas le même impact potentiel sur l’économie ; les voici classées par ordre d’importance décroissant, selon la valeur en dollars qu’elles sont capables de créer :

Il est intéressant de noter que quatre de ces douze technologies ont un lien direct avec les données volumineuses, comme le présente l’équipe de Yahoo! Finance, dédiée à l’analyse du « big data » :

  • L’automatisation de la gestion des connaissances : les ordinateurs peuvent comprendre le langage et lire, ce qui leur permet de tenir des fonctions auparavant réservées à l’humain et propres au fonctionnement de son intelligence, par exemple d’assurer un service client, de poser un diagnostic médical ou même d’écrire des articles journalistiques (cette dernière compétence avait permis à Watson d’IBM de remporter Jeopardy).
  • L’Internet des objets : le lien entre le monde physique et le Web s’est principalement développé grâce à l’implantation massive de capteurs et d’actionneurs dans les machines, les infrastructures, et maintenant sur le corps humain. C’est ainsi que la machine à café prévient le grille-pain qu’il est temps de lancer les rôties, ou qu’un simple chandail enregistre les signes vitaux du sportif.
  • Les véhicules sans conducteurs : limiter les accidents, fluidifier le trafic et réduire la pollution sont autant de raisons qui ont déjà poussé trois États américains à en autoriser la « conduite », dont Google a fait la démonstration en parcourant 500 000 kilomètres sans accidents avec sa Google Car.
  • La génomique nouvelle génération : se représenter la complexité de l’ADN revient pour un ordinateur à analyser des quantités volumineuses de données et à les ordonner, avant de les réorganiser en biologie synthétique pour « récrire l’ADN » et améliorer la santé, l’agriculture ou la conservation énergétique.

La firme Gartner a déjà annoncé que les données volumineuses représentaient l’un des plus grands défis d’ici 2015 pour l’économie, mais offraient en même temps des occasions d’affaires et de rentabilité immense pour les entreprises sachant les exploiter. Il n’est donc pas étonnant de les retrouver directement citées comme élément clef dans au moins le tiers des technologies de rupture retenues par McKinsey Global Institute.

Technologie et société


Mais la technologie, à elle seule, ne représentera pas 100 % des changements qui affecteront le monde : l’humain y prendra une plus grande part encore.

Et comme il est possible de prévoir un avenir technologique ou économique, il est possible de prévoir un avenir sociétal, basé sur les comportements observés jusqu’à présent.

C’est ce que le projet GDELT (Global Database of Events, Language, and Tone) tente de modéliser, utilisant 250 millions d’enregistrements mondiaux géoréférencés, répartis en 300 catégories et couvrant chaque journée depuis 1979, pour créer un véritable observatoire des sciences sociales et analyser, en temps réel, chaque nouvel évènement : replacer ce dernier dans un contexte permet de le comprendre, mais aussi d’en prévoir l’évolution.

Les États-Unis, par exemple, ont utilisé les données de GDELT pour prévoir l’évolution de la guerre en Afghanistan.

Encore une fois, ici, on retrouve la notion de données volumineuses : la complexité économique comme celle de l’humanité nécessitent un traitement global de l’information pour en retirer des tendances concrètes sur lesquelles s’appuyer pour prédire l’avenir.

Mais comme le rappelle fort justement McKinsey, le but de ces prédictions n’est pas de changer du tout au tout le mode de vie et le modèle d’affaires aujourd’hui : il s’agit seulement de préparer les individus et les entreprises à des scénarios adaptatifs possibles, en restant alerte sur le mouvement en cours, conscient des occasions offertes, flexible sur les moyens de mises en œuvre, et formé en continu sur les compétences nécessaires à l’évolution.

Car l’avenir est en évolution, pas en révolution.

 Sources

Christina Medici Scolaro, 30 mai 2013, « Remember the Jetsons? That Can be Us in 2025 ». En ligne (10 juin 2013) :
http://finance.yahoo.com/blogs/big-data-download/remember-jetsons-us-2025-174023833.html

Global Database of Events, Language, and Tone (GDELT) – http://gdelt.utdallas.edu/, en ligne, consulté le 10 juin 2013.

McKinsey Global Institute, mai 2013, « Disruptive technologies: Advances that will transform life, business, and the global economy ». En ligne (10 juin 2013) :
http://www.mckinsey.com/insights/business_technology/disruptive_technologies

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