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Article de veille - La Génération C et l’innovation : des différences selon les pays

Deux jeunes canadiens sur trois se considèrent comme innovants

 Dans son enquête sur les jeunes Millenial Innovation Survey, Deloitte montre que pour les jeunes issus de la génération C, l’innovation apparait comme une valeur fondamentale. En effet, pour 78 % d’entre eux, l’innovation est essentielle à la croissance d’une entreprise. Elle permettrait même, selon 71 % des répondants, d’améliorer le bien-être des sociétés modernes.

Ils considèrent aussi (à 45 %) que l’entreprise reste la principale source d’innovation, devant les institutions gouvernementales (18 %) et les universités (17 %). D’ailleurs, selon eux, pour innover, les entreprises doivent, favoriser l’échange d’idées entre les dirigeants et les salariés (indépendamment de l’âge ou de l’ancienneté de ces derniers), avoir une vision claire du futur de leur organisation et de leur marché, ainsi qu’améliorer en permanence leur système de production.

Par ailleurs, 62 % des jeunes de la génération C se considèrent comme des individus innovants et utiles au développement de leur entreprise. Ces futurs cadres travaillent à 60 % dans des secteurs dits « innovants » et à 52 % dans un milieu qui les pousse à être innovants.

Pourtant, force est de constater que seulement 26 % d’entre eux trouvent que les dirigeants de leur entreprise actuelles actuelle encouragent les jeunes à exprimer leurs idées et prennent en compte leur avis. Cette carence constitue selon ces jeunes une barrière importante à l’innovation en entreprise.

De manière générale, les jeunes de la génération C sont favorables à l’innovation en entreprise. En effet, 95 % des répondants considèrent même qu’il est plus qu’acceptable qu’une entreprise fasse des profits si elle a innové.

Toutefois, ce rapport à l’innovation varie selon les pays et on distingue quelques grandes tendances majeures :

  • Les pays où les jeunes mettent l’innovation au-dessus de tout et pensent qu’ils gravitent dans un milieu qui leur permet d’être innovants.
  • Les pays où les jeunes croient aux valeurs bénéfiques de l’innovation, mais qui ne pensent pas que leur milieu de travail soit favorable à l’innovation.
  • Les pays où les jeunes ne voient pas l’innovation comme une valeur fondamentale de l’économie et qui ne pensent pas être dans un environnement innovant.

Dans la première catégorie, on trouve des pays comme l’Inde, le Brésil, les États-Unis, la plupart des pays d’Asie et l’Afrique du Sud. Dans chacun de ces pays, les jeunes considèrent à plus de 80 % que l’innovation est essentielle pour le développement économique. Ce pourcentage atteint même 90 % en Afrique du Sud.

Par ailleurs, ces jeunes déclarent majoritairement travailler pour des entreprises innovantes. C’est le cas notamment en Inde et en Afrique du Sud où respectivement 81 % et 74 % des jeunes interrogés pensent cela.

De plus, dans ces pays, les jeunes déclarent majoritairement (entre 61 % et 75 %) penser que leurs entreprises réussissent, car elles privilégient l’innovation. Ils rapportent même à plus de 70 % que l’innovation est très importante pour leurs organisations (avec plus de 79 % en Inde).

Ils disent également que leur environnement de travail les aide à être innovants, pour 77 % des jeunes cadres indiens, et se considèrent majoritairement comme des personnes innovantes (entre 73 % et 81 %).

Toutefois, plusieurs aspects différencient les jeunes de ces pays. Par exemple, la génération C américaine considère majoritairement que l’innovation provient des communautés locales alors que les jeunes asiatiques pensent qu’elle est uniquement le fait des institutions gouvernementales. A contrario, en Inde les jeunes pensent que l’innovation vient principalement des entreprises.

Leurs avis divergent aussi quant aux défis auxquels ils seront confrontés plus tard et que les innovations doivent s’efforcer de résoudre. En effet, les jeunes Brésiliens sont préoccupés par les problèmes de gestion des ressources alors les jeunes Chinois s’inquiètent du vieillissement de la population et autres problèmes démographiques.

En outre, alors que tous les jeunes de ces pays considèrent que le principal rôle d’une entreprise est d’améliorer la société et d’innover, les jeunes Sud-Africains pensent toujours que le but final de toute entreprise est la recherche du profit et rien d’autre.


Le Canada constitue un cas à part. On pourrait effectivement le classer dans la première catégorie, puisqu’au Canada plus de 3 jeunes sur 4 croient que l’innovation est essentielle au développement économique d’une entreprise. Ils déclarent même à 66 % travailler pour des entreprises innovantes et deux jeunes sur trois se disent innovants.

Mais, dans les faits, seule une petite majorité d’entre eux déclare que leur entreprise connait un succès économique grâce à l’innovation (54 %) et qu’innover est très important pour leur entreprise (64 %). De plus, seulement 58 % d’entre eux considèrent que leur environnement de travail les aide à être innovants. Des résultats bien loin de ceux obtenus par l’Inde ou encore le Brésil.


La seconde catégorie rassemble les jeunes qui considèrent que l’innovation est essentielle pour la croissance économique d’une entreprise (79 % en Australie, 78 % en France et 71 % en Espagne). Ces jeunes croient également que les entreprises doivent avoir pour objectif principal l’innovation et l’amélioration de la société.

Pourtant, force est de constater que malgré leur esprit tourné vers l’innovation, ces jeunes ne semblent pas avoir l’impression de travailler dans un milieu propice à l’innovation. En effet, ces derniers disent ne pas travailler pour des entreprises innovantes. C’est notamment vrai en France où 51 % des jeunes disent travailler dans une organisation qui n’innove pas.

Selon eux, le succès de leur entreprise ne repose pas sur l’innovation. Seuls 47 % des jeunes Espagnols et 45 % des jeunes Australiens disent que leur entreprise réussit, car elle a innové. Ce chiffre est d’à peine 38 % en France.

Par ailleurs, une petite minorité d’entre eux (46 % en Espagne et en Australie) considère que leur environnement de travail les pousse à être innovants.

Cette situation est d’autant plus paradoxale que dans ces pays plus d’un jeune sur deux (près d’un jeune sur trois en Espagne) se considère comme une personne innovante.

Cependant, ils ne partagent pas la même vision du futur. Pour les Français et les Espagnols, les principaux défis auxquels ils seront confrontés et pour lesquels il faudra innover, sont le chômage et autres problèmes liés à l’emploi, tandis que pour les Australiens, les changements climatiques sont au centre de leurs préoccupations.


La troisième et dernière catégorie regroupe les jeunes qui considèrent dans une moindre mesure que l’innovation est source de croissance économique (56 % au Japon contre 90 % en Afrique du Sud).

Toutefois, moins de 40 % d’entre eux rapportent que leur entreprise a réussi, car elle a innové et, hormis pour la Corée du Sud, ils disent à plus de 60 % que l’innovation n’est pas importante dans leur entreprise. Enfin, ils disent majoritairement (à plus de 80 % au Japon) que leur milieu de travail ne les incite pas être innovants.

En outre, ils ne pensent pas travailler pour des entreprises innovantes. Seul un quart des jeunes Japonais et plus d’un tiers des jeunes Coréens déclarent travailler pour une entreprise innovante. Ce n’est pas forcément le cas en Hollande où les jeunes répondent à 52 % qu’ils travaillent pour une entreprise innovante.

Par ailleurs, les jeunes dans ces pays ne se voient pas comme des personnes innovantes. C’est le cas de plus de 76 % des jeunes Japonais et près de 60 % des jeunes Hollandais.

Le rapport des jeunes à l’innovation est donc plus une affaire de culture et d’environnement de travail, qu’une tendance générationnelle.

Source

Deloitte, 31 janvier 2013, « Millenial Innovation Survey ». En ligne (21 février 2013) :
http://www.deloitte.com/assets/Dcom-Global/Local%20Assets/Documents/About/Millennial_Innovation_Survey.pdf

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