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Article de veille - Innovation et collaboration, les deux piliers du développement durable en entreprise

Plus d’un dirigeant sur trois augmente les profits de son entreprise grâce au développement durable

Le développement durable revêt plusieurs aspects : environnemental, mais aussi, économique, social, éthique et culturel.

L’enquête menée par le MIT Sloan Management Review et le Boston Consulting Group, The innovation Bottom Line, montre que les entreprises à travers le monde voient de plus en plus d’opportunités dans le développement durable.

Cette tendance est en partie due à la prise de conscience grandissante, notamment chez les consommateurs européens, des enjeux environnementaux et économiques et à la volonté des entreprises de réduire les coûts énergétiques et ceux de son système de production en général.

Pour instaurer une politique de développement durable, les dirigeants d’entreprises doivent inclure tout le système productif de leur entreprise et améliorer son fonctionnement par le biais d’innovations, que ce soit au niveau managérial ou matériel.

Il n’en demeure pas moins que cette stratégie doit atteindre des objectifs fixés par les dirigeants et répondre à un souci de rentabilité, tandis que son impact doit être mesuré, ou tout du moins, estimé.

Il s’agit donc dans la plupart des cas de transformer radicalement le modèle d’affaires de l’entreprise pour en choisir un qui serait plus en relation avec les objectifs de développement durable.

D’ailleurs, il semblerait que les pays en développement aient plus tendance à adopter des modèles d’affaires propices à l’innovation et au développement durable. Selon l’enquête, le manque de ressources et la hausse constante de la population dans ces pays feraient du développement durable une obligation plutôt qu’un choix stratégique.

Quoi qu’il en soit, les entreprises qui prennent en compte le développement durable dans leur stratégie d’entreprise rapportent à 37 % avoir fait des profits grâce à cela. Ce chiffre passe même à 59 % pour les entreprises qui ont totalement changé leur modèle d’affaires pour l’orienter vers le développement durable.

Par exemple, Mark & Spencer, qui avait pris, en 2007, une série d’engagements par rapport au développement durable comme ceux de réduire son émission de CO2 ou encore d’éviter le gaspillage estime aujourd’hui que cette stratégie lui aurait rapporté 296 millions de dollars en bénéfices.

Mais les profits sont surtout rendus possibles par l’utilisation d’innovations, parfois même insignifiantes, qui viennent améliorer la chaîne de valeurs, faire baisser le coût de production et, conséquemment, réduire le prix de vente.

Par exemple, Kraft Food s’est mis à utiliser un plastique qui nécessite moins d’énergie et de matière première à la production. Le récipient est ainsi moins cher à fabriquer, plus écologique et permet à Kraft de réduire ses coûts d’emballage. Cela lui permet de bénéficier d’une compétitivité au niveau du prix plus importante sur ses concurrents et d’accroitre ses bénéfices.

De la même façon, par souci d’économie d’énergie, l’entreprise britannique Sainsbury a économisé 2,4 millions de dollars juste en réduisant sa consommation d’eau. Pour cela, l’entreprise a réparé les fuites, a réduit la capacité en eau de ses toilettes ou encore a utilisé des récolteurs d’eau de pluie pour alimenter son système sanitaire.

Par ailleurs, les entreprises ayant un modèle d’affaires tourné vers le développement durable sont à 80 % plus enclines à collaborer avec leurs clients (ménages, entreprises ou gouvernements).

En effet, des entreprises comme AT&T, Kimberly-Clark ou encore Nestlé, consultent régulièrement l’avis de groupes de consommateurs pour comprendre leurs décisions d’achat, échanger avec eux, connaître les meilleures façons de les satisfaire et comment leur transmettre les valeurs de l’entreprise. Cette collaboration accrue avec leur clientèle leur permet de profiter d’innovations ouvertes et les aide ainsi à établir la meilleure politique de développement durable qui soit.

Pour conclure, l’enquête du MIT et du Boston Consulting Group finit par donner cinq pratiques utiles pour mener à bien une stratégie tournée vers le développement durable :

  • Être prêt à changer son plan d’affaires en apportant des innovations tout le long de la chaîne de valeurs ; innovations qui peuvent diminuer les coûts de production et augmenter les profits.
  • Le développement durable doit être mis en œuvre par les dirigeants et doit inclure tout le système productif de l’entreprise.
  • Définir les objectifs à atteindre avec cette nouvelle stratégie et mesurer son efficacité.
  • Comprendre et satisfaire les attentes des consommateurs en termes de développement durable.
  • Collaborer avec les individus externes pour parfaire la production de l’entreprise et aider cette dernière à mener à bien sa stratégie de développement durable.

Analyse et rédaction :

  • Aurélien Jean, stagiaire à la veille stratégique

Sources

Anne-Sophie Novel, 29 septembre 2012, « SourceMap, le wiki qui simplifie la conception des produits ». En ligne (13 février 2013) :
http://alternatives.blog.lemonde.fr/2012/09/29/sourcemap-le-wiki-qui-simplifie-la-conception-des-produits/

MIT Sloan Management Review, « The innovation Bottom Line ». En ligne (13 février 2013) :
https://www.bcgperspectives.com/Images/MITSMR-BCG-Sustainability-Report-2013_tcm80-126806.pdf

 

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